Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 12:56
Voila déjà trois semaines que je suis en Inde et bientôt un mois que je n'ai pas touche a ce blog alors c'est difficile de se plonger dedans et de tout résumer. C'est trop souvent beaucoup plus intéressant et plus enrichissant de se promener parmi les temples et les bazars colores que de rester le cul sur une chaise derrière un ordinateur. 

 

Je vais malgré tout essayer de raconter un peu mon vécu  du pays qui est la destination finale de plus de 9 mois de voyage, une petite dizaine de pays traverses surtout de magnifiques rencontres depuis mon départ. Parti pour rentrer en France avant la fin de l'année, plus j'arrivais près du but, plus je voyais les semaines défilées a toute allure et plus j'avais envie d'en profiter encore un peu. A vrai dire, ce serait un peu dommage se taper 9 mois de vélo, plus de 10 000 km le cul sur une selle pour arriver a Delhi et prendre l'avion illico-presto. Je ne serai donc pas a Chazelles pour célébrer Noël en famille ou le nouvel An avec les potes. Je reste donc ici quelques mois et prévois de rentrer en France en début d'année.

Quittant Lahore il y a plus d'un mois, avec l'intention de rejoindre l'Inde dans la journee, je fais fausse route et suis " kidnappe " par une famille de Pakistanais qui ne veulent pas me laisser quitter leur village. C'est parfois comme ça : au fin fond d'un pays ou le quotidien n'est pas très excitant, le touriste est une attraction majeure et une fierté pour la famille qui l'accueille alors on essaie de le retenir le plus possible et il faut argumenter pour pouvoir s'évader...

Je rejoins finalement l'Inde après 100 km sur les pistes sableuses et défoncées du Pakistan plutôt que les 30 km dbon goudron de la GT Road. Cet heureux détour m'aura permis de découvrir le Punjab rural et agricole : la riche de son agriculture ou la plaine fertile et le climat permettent deux recoltes par an (riz puis blé) mais le manque d'instruction et l'absence de budget alloue a l'education. Ici, on applique la co-education : ce sont les élevés de 14-16 ans qui éduquent les plus jeunes. (Ceci a aussi exister en France au XIX ème siècle avant les lois Jules Ferry sur l'école obligatoire)


En Inde, a trente km de la frontière, je m'arrête a Amritsar. Cette ville est un haut lieu de pèlerinage des Sikhs. Le sikhisme 
est une religion qui a émerge au 15ème siècle en réaction dans le but de reforme la societe indienne. Les pelerins sikhs viennent se recueillir et partager leurs pratiques au Temple d'Or ou est conserve leur livre sacre. Comme beaucoup de lieux " sacres ", on y entretient une ambiance pénétrante : atmosphère de sérénité et de paix, chants et musiques " transcendantes ", levés et couches de soleil envoûtant. Ici, l'organisation applique un des principes fondateurs de cette religion : le don et la gratuite. L'hébergement est gratuit, un cuisine offre 30 a 40 000 repas quotidiens préparer par des volontaires bénévoles. Chacun peu participer a la cuisine, au ménage ou a la vaisselle. J'ai aussi mis la main a la pâte et étalé quelques centaines de chapatis pendant quelques heures. 


De retour sur la route, n'étant pas vraiment de la bonne direction a prendre dans un si grand pays, je me décide finalement a aller au nord, histoire de voir si, ici aussi, les routes montent et descendent. Après quelques jours de plaines, j'en ai vite la confirmation, ça monte, et pas qu'un peu !!! Je me retrouve a 3200 m sans avoir le temps de m'en rendre compte, avec un temps neigeux, et la, je me rends comptes que l'hiver arrive ! Un peu plus loin, une bonne centaine de km plus au nord dans les montagnes, je me retrouve en plein début d'hiver. 

Ici, c'est la région du Kinaur, frontalière au Tibet. A plus de 6000m, le Kinaur Kalaish domine magnifiquement les vallées environnantes. Ici, on retrouve tous les éléments d'une société montagnarde, a la sauce curry.


Les habitants y vivent essentiellement de l'agriculture (en Inde, 60 pour cent des actifs travaillent dans le secteur agricole, contre 7 pour cent en France). L'autre ressource est le tourisme, tres développe en Inde (parmi 1 milliard d'habitant, il doit bien y avoir quelques dizaines de millions de riches). Un autre secteur d'activite est la production d'electricite (des projets hydroelectriques de 1500 megawatts sont en route, c'est a dire la puissance des plus grosses centrales nucleaires). 

Cote agriculture, d'un cote, les gens produisent pour eux (cereales, fourrage, lait, legumes et legumineuses) et de l'autre, ils cultivent la pomme a grande echelle. C'est un produit d'exportation qui apres recolte est vendu sur un marche international a Dehli et part ensuite vers Hong-Kong, le Moyen-Orient... Les terrains sont terrasses et des milliers de pommiers occupent les champs. Ils revendent les pommes entre 50 et 100 roupies le kg (environ 1 euros), ce qui leur procurent un revenu interessant. Un agriculteur qui produit 7 tonnes de pomme va degager environ 7000 euros de revenu (En sachant que 100 euros suffisent a nourrir une famille de 8 a 10 personnes pour un mois). 

Agriculture lucrative entrainant une sur-exploitation des terrains, il y a des effets negatifs : 
- chacun plantent toujours plus de pommiers, plus serres et depuis une dizaine d'annee, les recoltent de cereales sont mauvaise (l'auto-sufisance alimentaire des familles en est atteinte).
- la mono-culture entraine une augmentation des maladies et parasites sur les pommiers
- a voir les pubs d'insecticides et de pesticides dans le coin, je n'aimerai pas avoir les poumons d'un cultivateur de pomme

Cote culturel, les traditions locales sont fortement ancrees. L'habit traditionnel est porte par les hommes et les femmes et les ceremonies religieuses donnent lieu a de pittoresques rassemblement largement arroses a la biere locale. A Sangla, j'ai ete temoin d'un etrange festival ou, pour l'occasion, les dieux etaient de sortis.


Arrivant au coeur du village pour visiter le village, je suis arrete par des villageois en costume traditionnel. A ce moment-la, un groupe sort d'une court : des musiciens, tambours et cuivres, puis des femmes vetues de magnifiques chales blancs portant de l'encens suivies un groupe d'homme paraillement accoutres. Ils se dirigent vers le temple ou tout le village s'est donne rendez-vous.

Et la, pendant plus d'une heure, dans un silence ponctue par le roulement de tambours et le chant des cuivres, quelques hommes vont promener et faire danser trois dieux chacun assis sur une chaise posee sur deux grands perches souples. Au bout d'une heure, apres avoir bien balance nos dieux de droite a gauche, fait quelques tours de la place en dansant et en chantant, notre petite troupe raccompagne ses divinites locales dans leur temple et tout le monde rentre au chaud chez soi. Je n'ai pas vraiment saisi le sens de la fete et de la ceremonie mais j'avoue que j'ai trouve ca assez depaysant ! 


Les gens du crus sont ici aussi tres sympathique. Il suffit de se promener dans la rue ou sur une route pour se voir proposer un the, la biere ou le rhum fait maison quand ce n'est pas de tirer une taffe sur un petit joint ou une pipe bourree de ganja. Le contact que j'ai eu avec les Indiens depuis mon arrivee est tres positifs. Ils sont aussi tres hospitaliers, tres accueillant et savent le faire avec parcimonie. Ils ont une expression curieuse que j'ai rencontre ici a plusieurs reprises : " If me or my family did something bad for you, please forgive me. " En gros : oublie-moi si je t'es offense, ce qui est une notion que nous n'avons pas chez nous. Chez nous, on oublie pas, on pardonne si on est un peu chretien sur les bords, sinon et on se rappelle de ce qui s'est passe, on garde parfois sa rancoeur. Cela me semble bien different mais je n'ai pas encore vraiment creuser l'histoire pour voir jusqu'ou ca allait, il y a sans doute un peu de Freud derriere tout ca ! Treve de pseudo analyse socio-ethnologique, les Indiens sont cools et se prennent pas trop la tete. Meme sur la route, ils klaxonnent tout le temps mais le font dans la bonne humeur et sans insulter le connard qui n'avance pas devant eux.

Apres quelques jours dans les montagnes. je me suis dis qu'il faisait un peu trop froid pour y rester plus longtemps. Les nuits a se geler sous la tente, j'avais deja vu ca en Grece et, a choisir, le velo-camping c'est plus sympa sous le soleil. J'ai donc repris la direction des plaine. Depuis quelques jours, je me retrouve au pied des montagnes et il y fait plus chaud.


Je suis a Hardiwar depuis avant-hier, une des spots de pelerinages pour les Hindous. Ca ressemble un peu a nos festivals reggae : des baba-cools qui marchent pied-nus dans la rue, des chiens qui courent un peu de partout, des odeurs d'encens, pleins de couleurs mais il y a en plus des veaux qui tetent leur mere en plein milieu de la rue, et ca c'est assez exotique.
 
Par Maxime G. - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Kesaco ?

  • : De l'Europe à l'Asie, au détour des routes
  • : Voyage à bicyclette de France vers l'Asie. Tours de roue en Europe du sud, sur la route de la Soie, la Karakoram Highway.
  • Retour à la page d'accueil

Jour par jour

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Au hasard

  • PA300396.jpg

Par thème

Oueb 2.0

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus