Lundi 7 décembre 2009
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Traverser une ville indienne, c'est une aventure : bonne dose d'adrenaline, un peu de chance pour pas se faire defoncer ses sacoches par un rick-chow
furieux, deux trois insultes qui volent par-ci par-la, des grandes inspirations de gaz d'echappement, le dechainement du klaxon de tout vehicule a moteur.
A quelques kilometres du coeur de la cite, la tension montent d'un cran et mes sens se mettent un peu plus en eveil qu'a la normal. Les camions et autres charettes a boeuf se font plus nombreux.
Plus je m'approche et plus les ricks-chow se font nombreux. Ils me klaxonnent dans les oreilles et me font un grand sourire en penchant la tete sur la droite pour me saluer. C'est gentil mais
cette facon de klaxonner a tout bout de champs me prend la tete depuis quelques centaines de kilometre.
Le code de la route ici, c'est " Tu l'entends mon gros klaxon ? Tu vas bouger tes fesses de ma route ? " Globalement, les bus ont les klaxons qui cassent le plus les oreilles, suivis de tres peu
par les camions, puis dans le peloton, on retrouve les voitures, les ricks-chow et les motos et enfin, les mobylettes. Les velos ont un klaxon mais la regle, c'est qu'ils se poussent toujours
quand un engin motorise arrive. L'exception a la regle est la charette qui, elle, peut emmerder tout le monde pendant un bon moment si le pilote double une autre charette (les mulets et les oxs
vont plus vites que les buffles). Malheur au conducteur si un bus arrive derriere car il va bien-sur klaxonner que tout le monde se presse un peu.
Bref sur mon velo, avec mon petit pouet-pouet, il me reste juste a me pousser quand une moto ou un camion est bien decide a passer et a maudir son klaxon qui me defonce les oreilles.
Donc les klaxons se font de plus en plus nombreux et de plus en plus aggressif. Chacun est presse d'arriver a destination. Et moi, j'avance toujours. Il faut eviter les trous et les nids de
poules. Les routes sont particulierement defoncees en ville. Ensuite, je commence a slalomer entre les passant qui marchent sur le tarmac, parfois au milieu, sans doute histoire de verifier si
Dieu veille toujours a leur survie.
Le Rick-chow est un obstacle permanent en ville : il avance plus vite que moi mais il a le don de me faire une queue de poisson et de se poser comme une merde au milieu de la route pour prendre
ou deposer un client en vitesse. Un bon coup de frein et il me regarde en souriant quand je passe a cote de lui en poussant un juron. Et bien sur, il faut a chaque fois relancer la machine pour
reprendre un peu de vitesse et depasser quelques velos, deux ou trois pietons, faire coucou a celui qui m'envoie un hello d'une forte voie. J'ai parfois l'impression d'etre un OVNI. Ici, le
qualificatif du touriste blanc sur un velo est " anglese ". La colonisation, ca laisse des sequelles...
Et encore un cycliste qui veut rouler avec moi et en savoir un peu plus sur l'Anglais qui vient de le doubler. Allons-y franchement, a trois de front, c'est encore mieux pour eviter les trous et
les voiture qui doublent en face. Les routes indiennes ne sont pas assez trepidantes comme ca.
Ah, je viens de doubler ma charette preferee : celle tiree par un chameau. Et la, c'est maintenant une voiture qui m'accompagne et veut savoir d'ou je viens, ou je vais.
Premier carrefour, il faut demander la route. Je m'arrete et la, 2 velos, 3 motos et 5 passants m'entourent et veulent aussi savoir dans quelle direction je vais. " Namaste, Thank you, good bye,
pardon je voudrais sortir du cercle... " Ah, la il faut traverser la route. Bon, c'est quoi la regle ? Non, les feux tricolores ne fonctionnent pas. La priorite non plus. Bref rien a gauche, on y
va tranquillement " et la, ils vont s'arrete ? ouais, bon, on va slalomer... et hop, ca y est c'est la bonne route. " En fait, comme ils ne vont pas tres vite, c'est plutot facile.
Et la, maintenant, c'est un rick-chow qui s'est mis en carafe au milieu de la route. L'essieu avant sur le bitume, on repart tranquillement au milieu de la chaussee. C'est l'endroit reve pour
faire tranquillement de la mecanique de precision. La voie est large, chacun passe a droite ou a gauche de l'obstacle en klaxonnant, comme le veut la tradition.
Cinq cent metre plus loin, mon croisement prefere : la voie de chemin de fer. Au moment ou la barriere du passage a niveau se ferme, tout le monde se precipite pour etre devant et passer au plus
vite a l'ouverture de la barriere. Resultat : les motos et velos s'arretent a la barriere, parfois passent dessous avant l'arrivee du train. Chacun commence a se garer sur les deux voies de la
chaussee, a gauche mais aussi a droite, motos, voitures, bus, rick-chows. Tout va bien jusqu'a l'ouverture des barrieres. Chacun attend calmement et tout le monde se dechaine sur son klaxonne des
que le train est passe. Et comme tout le monde veut doubler et passer de l'autre cote en premier, en doublant, ca donne un bordel innimaginable et incomprehensible. Le velo a l'avantage de
pouvoir se faufiler et je passe tranquillement de l'autre cote en contemplant le sumum de la connerie humaine.
Avant de sortir de la ville, je m'arrete pour negocier quelques bananes pour la route. Le temps de les acheter et de les mettre dans ma sacoche, c'est deja 10, 15 ou 20 personnes qui sont la pour
observer gentillement l'extra-terrestre que je suis.
De nouveau en selle, il me faut encore doubler quelques charettes pour me retrouver dans la relative tranquilliter d'une route ordinaire. Les klaxons continueront bien sur a m'accompagner demain
en route en direction de Varanasi. Decidement, ces routes me fatiguent et mettent mes nerfs a rude epreuve. Les Indiens sont gentils mais vive une vie particulierement intense. Je me demande
encore comment ils peuvent dormir sur leur rick-chow au milieu en plein croisement sonore. Meme le chien indien se repose tranquillement le long dela route. Cela me laisse
perplexe.
C'est vraiment l'asie, ton récit rappelle vraiment le Vietnam.... le bordel sans nom!
Roule bien, bizzzz to you