Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 18:06

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Aujourd'hui, j'écris d'un endroit où je suis sur qu'il n'y aura pas de coupure d'électricité, ni de panne d'ordinateur. Depuis quelques jours, je suis de retour en France. Un vrai bonheur de retrouver les amis, la famille, les rigottes de chèvre et le Bordeaux !!! Maintenant, il va falloir que je me replonge dans la « vraie » vie : travailler, utiliser une machine à laver pour le linge, dormir tous les jours au même endroit, utiliser une douche pour me laver, ne plus boire de café lyophilisé, utiliser une passoire avant de boire le thé...


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Relisant mes deux derniers articles sur l’Inde, je me dis que je n’ai pas fait un témoignage très positif de cette expérience. J'étais sans doute sous le choc du pays. Après avoir quitter les contre-forts himalayens de Nord de l’Inde, j'en ai pris plein la figure et j'ai été submergé par la surpopulation des plaines indiennes. Dans ces régions du Nord, les gens sont partout, toujours présent, du matin au soir. Au bout d’un moment, malgré leur gentillesse, cela m’est devenu assez fatigant, voire oppressant.

 

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A chaque pause, dans un restaurant, sur le bord de la route ou trente mètre à l’écart de la route, dans les minutes qui suivent, un à quinze Indiens sont là pour observer ce que je fais. Le soir, toute une assemblée est présente pour m’observer monter ma tente, cuisiner, manger, me brosser les dents… Ils sont toujours aimables et attentionnés mais je préfère la tranquillité des alpages kirghizes ou du plateau anatolien pour passer mes nuits. Je crois avoir été saturé par  trop de gens, trop de regards, trop de questions, trop de bruit, trop d’agitation. Je n’étais plus disponible pour prendre le temps d'écouter les gens, avoir envie de discuter, échanger, partager.

 

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Malgré tout, voyager en Inde est une belle expérience, une ballade de site historique en site.  Agra, Jhansi, Orccha, Kajuraho, l'Inde rayonne de ses trésors d'histoire, de culture et d'architecture.

 

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Comme les guides aiment à le rappeler, elle est aujourd'hui le 3ème pays de par le nombre de site inscrit au patrimoine mondial de l'humanité après la Chine et l'Italie ; elle sera bientôt deuxième.

 

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Après avoir bien transpirer sur les routes nationales indiennes, mes derniers tours de roues ont été plus tranquilles. J’ai pris le parti de rouler sur des petites routes et la circulation y est beaucoup moins stressante que sur les highways qui traversent le pays. Peu de coups de klaxon, peu de voiture donc moins de stress.

 

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Varanasi est la dernière étape. Je finis en beauté : l’entrée dans la ville est encore une grande bouffée d’adrénaline. Les véhicules se serrent les uns contre les autres pour essayer d’avancer dans cette magnifique cohue qu’est la ville indienne. Je crois n’avoir jamais vu autant de vache au milieu de la route que dans cette ville.

 

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Ici, les pèlerins viennent en masse. Il règne un mélange d’atmosphère mystique et de grande foire commerciale où l’on essaie de décharger le pèlerin d’un maximum de ses roupies. Tout est bon pour faire consommer le touriste indien ou occidental : la promenade en bateau sur le Gange, le collier de fleur, le massage de la main, le tee-shirt a 100 roupies, le charasse et autres chiloms…


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C’est également un lieu où les Hindous viennent pour se recueillir. Les temples sont légions. Les Brahmanes y célèbrent les textes sacrés, récitent des mantras et observent un rituel quotidien.


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Un hindou qui meure à Varanasi où y est inhumé est délivré du cycle des réincarnations. Tous les matins, des milliers d’Hindous se purifient dans les eaux sacrées du Gange. Varanasi est aussi la ville de Shiva et des Sâdhus, ces hindous qui ont choisi de quitter le monde matériel pour consacrer leur vie à la méditation, la récitation de mantras, le yoga.


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Un bon Pink Floyd dans les oreilles pour ne pas entendre les vendeurs à la sauvette et la promenade sur les rives du Gange au levé du soleil, les gaths, est un bonheur. Les couleurs y sont magnifiques.


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Le 25 décembre, je rejoins le Népal en bus, avec Jo, français rencontrés à Bénarès. Noël dans un bus indien... une expérience formidable.

 

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Je ne quitterais pas l'Inde sans parler de ses traditions culinaires. Le thali est la spécialité du nord. C'est comme un menu Mac Do où l'on remplace le pain par des chapatis, le steack par des lentilles bien épicées, les frites par du riz, les concombres par un curry de légume et la salade par un chutney ou des pickels, le tout servi à volonté.

 

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Les pakoras sont des rondelles pommes de terres, aubergines, de choux-fleur ou courgettes trempées dans une mixture de farine de maïs, d'oeuf, de chili puis fris dans un grand wok dans les rues des grandes villes ou sur le bord des routes de campagnes. Les paratas sont des gros chapatis fourrées avec un mélande de pomme de terre, d'oignon et de piment, cuits au tandori et que les Indiens mangent au petit-déjeuner.


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Au Népal, nous rejoignons Katmandou où Sébastien, mon frère, vient pour une quinzaine de jours : Katmandou, parc national de Chitwan et trekking.

 

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Le séjour au Népal est bien trop court pour pouvoir apprécier le pays à sa juste valeur. Dix-sept jours puis je prends l'avion pour Paris. 24 heures pour parcourir le chemin inverse. Arrivé en France, je me suis bien sûr précipité dans le Relais H de la gare SNCF pour prendre des nouvelles de l'occident...

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L’année est passée à toute allure, vent dans le dos, parfois 20 km/h voire 25 km/h. Je ne me suis pas perdu en route, je n’ai pas subit de grosse galère, je n’ai pas été victime le syndrome indien*, je n’ai pas attrapé de la malaria ou un méchant parasite. Tout c’est finalement déroulé pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

En conclusion, quelques données comptables :

  • 14 pays traversés
  • 9 visas
  • 14 000 km à vélo
  • 4 crevaisons
  • 3 jantes arrières
  • 2 vols en avion, c’est à dire 2,07 tonnes de CO2
  • 2 tee-shirts
  • 5 pantalons
  • 2 chaînes
  • 1 jeu de pneus
  • 198 jours de vélo
  • 354 jours de voyage

* Pour en savoir plus sur le syndrome indien, Régis Ayrault a écrit un très intéressant témoignage de son expérience de médecin psychiatre au consulat de France à Bombay : R. AYRAULT Fous de l’Inde, Délires d’Occidentaux et sentiment océanique, 2000, Payot & Rivages, Paris
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 07:57
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Voila, apres un passage dans les plaines surpeuplees de l'Inde, quelques longues journees sur des routes surchargees de klaxons, bien certain d'etre arrive dans Inde, j'ai fini par me poser la question fatidique : " Bon, alors maintenant qu'est-ce que je fais ? "

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Finalement, sur ces routes surchargees, sans cesse entoure d'Indiens, j'ai fini par me dire que la France avait peut etre besoin de moi. Alors ma decision est prise, ca y est, je rentre a la maison. Je passe la fin de l'annee ici, histoire de manger quelques lentilles le jour de Noel. Puis, je rejoins le Nepal pour une quinzaine de jours, et rentre en France le 12 janvier. Le retour sera plus rapide que l'aller mais un plaisir de retrouver la famille, les potes, le camembert et le bourgogne.

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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 13:10
Traverser une ville indienne, c'est une aventure : bonne dose d'adrenaline, un peu de chance pour pas se faire defoncer ses sacoches par un rick-chow furieux, deux trois insultes qui volent par-ci par-la, des grandes inspirations de gaz d'echappement, le dechainement du klaxon de tout vehicule a moteur.

A quelques kilometres du coeur de la cite, la tension montent d'un cran et mes sens se mettent un peu plus en eveil qu'a la normal. Les camions et autres charettes a boeuf se font plus nombreux. Plus je m'approche et plus les ricks-chow se font nombreux. Ils me klaxonnent dans les oreilles et me font un grand sourire en penchant la tete sur la droite pour me saluer. C'est gentil mais cette facon de klaxonner a tout bout de champs me prend la tete depuis quelques centaines de kilometre.

Le code de la route ici, c'est " Tu l'entends mon gros klaxon ? Tu vas bouger tes fesses de ma route ? " Globalement, les bus ont les klaxons qui cassent le plus les oreilles, suivis de tres peu par les camions, puis dans le peloton, on retrouve les voitures, les ricks-chow et les motos et enfin, les mobylettes. Les velos ont un klaxon mais la regle, c'est qu'ils se poussent toujours quand un engin motorise arrive. L'exception a la regle est la charette qui, elle, peut emmerder tout le monde pendant un bon moment si le pilote double une autre charette (les mulets et les oxs vont plus vites que les buffles). Malheur au conducteur si un bus arrive derriere car il va bien-sur klaxonner que tout le monde se presse un peu.

Bref sur mon velo, avec mon petit pouet-pouet, il me reste juste a me pousser quand une moto ou un camion est bien decide a passer et a maudir son klaxon qui me defonce les oreilles.

Donc les klaxons se font de plus en plus nombreux et de plus en plus aggressif. Chacun est presse d'arriver a destination. Et moi, j'avance toujours. Il faut eviter les trous et les nids de poules. Les routes sont particulierement defoncees en ville. Ensuite, je commence a slalomer entre les passant qui marchent sur le tarmac, parfois au milieu, sans doute histoire de verifier si Dieu veille toujours a leur survie.

Le Rick-chow est un obstacle permanent en ville : il avance plus vite que moi mais il a le don de me faire une queue de poisson et de se poser comme une merde au milieu de la route pour prendre ou deposer un client en vitesse. Un bon coup de frein et il me regarde en souriant quand je passe a cote de lui en poussant un juron. Et bien sur, il faut a chaque fois relancer la machine pour reprendre un peu de vitesse et depasser quelques velos, deux ou trois pietons, faire coucou a celui qui m'envoie un hello d'une forte voie. J'ai parfois l'impression d'etre un OVNI. Ici, le qualificatif du touriste blanc sur un velo est " anglese ". La colonisation, ca laisse des sequelles...

Et encore un cycliste qui veut rouler avec moi et en savoir un peu plus sur l'Anglais qui vient de le doubler. Allons-y franchement, a trois de front, c'est encore mieux pour eviter les trous et les voiture qui doublent en face. Les routes indiennes ne sont pas assez trepidantes comme ca.

Ah, je viens de doubler ma charette preferee : celle tiree par un chameau. Et la, c'est maintenant une voiture qui m'accompagne et veut savoir d'ou je viens, ou je vais.

Premier carrefour, il faut demander la route. Je m'arrete et la, 2 velos, 3 motos et 5 passants m'entourent et veulent aussi savoir dans quelle direction je vais. " Namaste, Thank you, good bye, pardon je voudrais sortir du cercle... " Ah, la il faut traverser la route. Bon, c'est quoi la regle ? Non, les feux tricolores ne fonctionnent pas. La priorite non plus. Bref rien a gauche, on y va tranquillement " et la, ils vont s'arrete ? ouais, bon, on va slalomer... et hop, ca y est c'est la bonne route. " En fait, comme ils ne vont pas tres vite, c'est plutot facile.

Et la, maintenant, c'est un rick-chow qui s'est mis en carafe au milieu de la route. L'essieu avant sur le bitume, on repart tranquillement au milieu de la chaussee. C'est l'endroit reve pour faire tranquillement de la mecanique de precision. La voie est large, chacun passe a droite ou a gauche de l'obstacle en klaxonnant, comme le veut la tradition.

Cinq cent metre plus loin, mon croisement prefere : la voie de chemin de fer. Au moment ou la barriere du passage a niveau se ferme, tout le monde se precipite pour etre devant et passer au plus vite a l'ouverture de la barriere. Resultat : les motos et velos s'arretent a la barriere, parfois passent dessous avant l'arrivee du train. Chacun commence a se garer sur les deux voies de la chaussee, a gauche mais aussi a droite, motos, voitures, bus, rick-chows. Tout va bien jusqu'a l'ouverture des barrieres. Chacun attend calmement et tout le monde se dechaine sur son klaxonne des que le train est passe. Et comme tout le monde veut doubler et passer de l'autre cote en premier, en doublant, ca donne un bordel innimaginable et incomprehensible. Le velo a l'avantage de pouvoir se faufiler et je passe tranquillement de l'autre cote en contemplant le sumum de la connerie humaine.

Avant de sortir de la ville, je m'arrete pour negocier quelques bananes pour la route. Le temps de les acheter et de les mettre dans ma sacoche, c'est deja 10, 15 ou 20 personnes qui sont la pour observer gentillement l'extra-terrestre que je suis.

De nouveau en selle, il me faut encore doubler quelques charettes pour me retrouver dans la relative tranquilliter d'une route ordinaire. Les klaxons continueront bien sur a m'accompagner demain en route en direction de Varanasi. Decidement, ces routes me fatiguent et mettent mes nerfs a rude epreuve. Les Indiens sont gentils mais vive une vie particulierement intense. Je me demande encore comment ils peuvent dormir sur leur rick-chow au milieu en plein croisement sonore. Meme le chien indien se repose tranquillement le long dela route. Cela me laisse perplexe.
Par Maxime G. - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 12:56
Voila déjà trois semaines que je suis en Inde et bientôt un mois que je n'ai pas touche a ce blog alors c'est difficile de se plonger dedans et de tout résumer. C'est trop souvent beaucoup plus intéressant et plus enrichissant de se promener parmi les temples et les bazars colores que de rester le cul sur une chaise derrière un ordinateur. 

 

Je vais malgré tout essayer de raconter un peu mon vécu  du pays qui est la destination finale de plus de 9 mois de voyage, une petite dizaine de pays traverses surtout de magnifiques rencontres depuis mon départ. Parti pour rentrer en France avant la fin de l'année, plus j'arrivais près du but, plus je voyais les semaines défilées a toute allure et plus j'avais envie d'en profiter encore un peu. A vrai dire, ce serait un peu dommage se taper 9 mois de vélo, plus de 10 000 km le cul sur une selle pour arriver a Delhi et prendre l'avion illico-presto. Je ne serai donc pas a Chazelles pour célébrer Noël en famille ou le nouvel An avec les potes. Je reste donc ici quelques mois et prévois de rentrer en France en début d'année.

Quittant Lahore il y a plus d'un mois, avec l'intention de rejoindre l'Inde dans la journee, je fais fausse route et suis " kidnappe " par une famille de Pakistanais qui ne veulent pas me laisser quitter leur village. C'est parfois comme ça : au fin fond d'un pays ou le quotidien n'est pas très excitant, le touriste est une attraction majeure et une fierté pour la famille qui l'accueille alors on essaie de le retenir le plus possible et il faut argumenter pour pouvoir s'évader...

Je rejoins finalement l'Inde après 100 km sur les pistes sableuses et défoncées du Pakistan plutôt que les 30 km dbon goudron de la GT Road. Cet heureux détour m'aura permis de découvrir le Punjab rural et agricole : la riche de son agriculture ou la plaine fertile et le climat permettent deux recoltes par an (riz puis blé) mais le manque d'instruction et l'absence de budget alloue a l'education. Ici, on applique la co-education : ce sont les élevés de 14-16 ans qui éduquent les plus jeunes. (Ceci a aussi exister en France au XIX ème siècle avant les lois Jules Ferry sur l'école obligatoire)


En Inde, a trente km de la frontière, je m'arrête a Amritsar. Cette ville est un haut lieu de pèlerinage des Sikhs. Le sikhisme 
est une religion qui a émerge au 15ème siècle en réaction dans le but de reforme la societe indienne. Les pelerins sikhs viennent se recueillir et partager leurs pratiques au Temple d'Or ou est conserve leur livre sacre. Comme beaucoup de lieux " sacres ", on y entretient une ambiance pénétrante : atmosphère de sérénité et de paix, chants et musiques " transcendantes ", levés et couches de soleil envoûtant. Ici, l'organisation applique un des principes fondateurs de cette religion : le don et la gratuite. L'hébergement est gratuit, un cuisine offre 30 a 40 000 repas quotidiens préparer par des volontaires bénévoles. Chacun peu participer a la cuisine, au ménage ou a la vaisselle. J'ai aussi mis la main a la pâte et étalé quelques centaines de chapatis pendant quelques heures. 


De retour sur la route, n'étant pas vraiment de la bonne direction a prendre dans un si grand pays, je me décide finalement a aller au nord, histoire de voir si, ici aussi, les routes montent et descendent. Après quelques jours de plaines, j'en ai vite la confirmation, ça monte, et pas qu'un peu !!! Je me retrouve a 3200 m sans avoir le temps de m'en rendre compte, avec un temps neigeux, et la, je me rends comptes que l'hiver arrive ! Un peu plus loin, une bonne centaine de km plus au nord dans les montagnes, je me retrouve en plein début d'hiver. 

Ici, c'est la région du Kinaur, frontalière au Tibet. A plus de 6000m, le Kinaur Kalaish domine magnifiquement les vallées environnantes. Ici, on retrouve tous les éléments d'une société montagnarde, a la sauce curry.


Les habitants y vivent essentiellement de l'agriculture (en Inde, 60 pour cent des actifs travaillent dans le secteur agricole, contre 7 pour cent en France). L'autre ressource est le tourisme, tres développe en Inde (parmi 1 milliard d'habitant, il doit bien y avoir quelques dizaines de millions de riches). Un autre secteur d'activite est la production d'electricite (des projets hydroelectriques de 1500 megawatts sont en route, c'est a dire la puissance des plus grosses centrales nucleaires). 

Cote agriculture, d'un cote, les gens produisent pour eux (cereales, fourrage, lait, legumes et legumineuses) et de l'autre, ils cultivent la pomme a grande echelle. C'est un produit d'exportation qui apres recolte est vendu sur un marche international a Dehli et part ensuite vers Hong-Kong, le Moyen-Orient... Les terrains sont terrasses et des milliers de pommiers occupent les champs. Ils revendent les pommes entre 50 et 100 roupies le kg (environ 1 euros), ce qui leur procurent un revenu interessant. Un agriculteur qui produit 7 tonnes de pomme va degager environ 7000 euros de revenu (En sachant que 100 euros suffisent a nourrir une famille de 8 a 10 personnes pour un mois). 

Agriculture lucrative entrainant une sur-exploitation des terrains, il y a des effets negatifs : 
- chacun plantent toujours plus de pommiers, plus serres et depuis une dizaine d'annee, les recoltent de cereales sont mauvaise (l'auto-sufisance alimentaire des familles en est atteinte).
- la mono-culture entraine une augmentation des maladies et parasites sur les pommiers
- a voir les pubs d'insecticides et de pesticides dans le coin, je n'aimerai pas avoir les poumons d'un cultivateur de pomme

Cote culturel, les traditions locales sont fortement ancrees. L'habit traditionnel est porte par les hommes et les femmes et les ceremonies religieuses donnent lieu a de pittoresques rassemblement largement arroses a la biere locale. A Sangla, j'ai ete temoin d'un etrange festival ou, pour l'occasion, les dieux etaient de sortis.


Arrivant au coeur du village pour visiter le village, je suis arrete par des villageois en costume traditionnel. A ce moment-la, un groupe sort d'une court : des musiciens, tambours et cuivres, puis des femmes vetues de magnifiques chales blancs portant de l'encens suivies un groupe d'homme paraillement accoutres. Ils se dirigent vers le temple ou tout le village s'est donne rendez-vous.

Et la, pendant plus d'une heure, dans un silence ponctue par le roulement de tambours et le chant des cuivres, quelques hommes vont promener et faire danser trois dieux chacun assis sur une chaise posee sur deux grands perches souples. Au bout d'une heure, apres avoir bien balance nos dieux de droite a gauche, fait quelques tours de la place en dansant et en chantant, notre petite troupe raccompagne ses divinites locales dans leur temple et tout le monde rentre au chaud chez soi. Je n'ai pas vraiment saisi le sens de la fete et de la ceremonie mais j'avoue que j'ai trouve ca assez depaysant ! 


Les gens du crus sont ici aussi tres sympathique. Il suffit de se promener dans la rue ou sur une route pour se voir proposer un the, la biere ou le rhum fait maison quand ce n'est pas de tirer une taffe sur un petit joint ou une pipe bourree de ganja. Le contact que j'ai eu avec les Indiens depuis mon arrivee est tres positifs. Ils sont aussi tres hospitaliers, tres accueillant et savent le faire avec parcimonie. Ils ont une expression curieuse que j'ai rencontre ici a plusieurs reprises : " If me or my family did something bad for you, please forgive me. " En gros : oublie-moi si je t'es offense, ce qui est une notion que nous n'avons pas chez nous. Chez nous, on oublie pas, on pardonne si on est un peu chretien sur les bords, sinon et on se rappelle de ce qui s'est passe, on garde parfois sa rancoeur. Cela me semble bien different mais je n'ai pas encore vraiment creuser l'histoire pour voir jusqu'ou ca allait, il y a sans doute un peu de Freud derriere tout ca ! Treve de pseudo analyse socio-ethnologique, les Indiens sont cools et se prennent pas trop la tete. Meme sur la route, ils klaxonnent tout le temps mais le font dans la bonne humeur et sans insulter le connard qui n'avance pas devant eux.

Apres quelques jours dans les montagnes. je me suis dis qu'il faisait un peu trop froid pour y rester plus longtemps. Les nuits a se geler sous la tente, j'avais deja vu ca en Grece et, a choisir, le velo-camping c'est plus sympa sous le soleil. J'ai donc repris la direction des plaine. Depuis quelques jours, je me retrouve au pied des montagnes et il y fait plus chaud.


Je suis a Hardiwar depuis avant-hier, une des spots de pelerinages pour les Hindous. Ca ressemble un peu a nos festivals reggae : des baba-cools qui marchent pied-nus dans la rue, des chiens qui courent un peu de partout, des odeurs d'encens, pleins de couleurs mais il y a en plus des veaux qui tetent leur mere en plein milieu de la rue, et ca c'est assez exotique.
 
Par Maxime G. - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 17:21
Apres quelques jours passes a Lahore dont je vous pouvez voire les photos en exclusivite dans mes albums photos (sur la droite de l'ecran " Pakistan-Punjab" ), avant qu'elles ne paraissent dans Paris Match, je prends demmain la route pour l'Inde. Je vais enfin savoir qui sont les meilleurs, d'entre les Pakistanais et les Indiens.

Je passe la frontiere deguise en cyclo-touriste. Depuis quelques jours, je suis fortement suspecte d'etre un espion a la solde du Mossad et du gouvernement americain, peut-etre un terroriste a la solde de l'Etat indien oeuvrant pour destabiliser le premier pays musulman detenteur de la bombe atomique ou alors un agent du FSB Russe (car si l'Union Sovietique a explosee, c'est gracve aux Pakistanais...). Enfin bref, les gens me regardent bizarrement dans le bus. Ils sont inquiets quand ils me voient trimbaler un paquet que je veux envoyer a mes parents. On m'a demande de prouver mon identite plus souvent que depuis le debut de mon voyage. Meme un vulgaire passant m'a ordonne de montrer mon passeport alors que je prenais quelques photos dans un bled (celui-ci est alle se faire voir et ca a bien failli finir en emeute ce coup-la). Un autre ne voulait pas me serrer la main et l'a finalement serre quand je lui ai dit que je n'etais pas americain. Les policiers ont voulus voir a plusieurs reprises si je ne transportais pas une ou deux bombes dans mes sacoches, des roquettes quassams dans mon sac a dos et un fusil M16 dans la poche. Un ou deux m'ont demande pourquoi je prenais des photos dans la rue... les rick-chows sont peut-etre un secret national. Bref, il y a un paquet de gens qui doivent penser que tout les etrangers qui sont au Pakistan travaille pour Black Water ou Dyn Corp, agence paramilitaire americaine qui s'est fait tiree les oreilles parce que ses agents aux gros bras se promenent avec des armes automatiques dans leur voiture, comme le fait un vulgaire Pachtoune dans son village, soit dit en passant.

Bref, il regne ici un climat de paranoia generalisee. Tout le monde est persuade que le pays est face a un complot international qui vise a le destabiliser et l'avilire. Les Indiens, les Israelienes, les Russes, les Europeens et surtout les Americains, tous y passe. Le gouvernement americain est haie pour ses tentatives d'asservissement du Pakistan. Le gouvernement local est haie pour son incapacite a faire regne une stabilite dans le pays, les soupcons de corruption qui pesent sur lui, ses incoherences et son maque de courage...

Bref le bateau prend l'eau, il n'y a pas de capitaine a bord et les factions de tout bord en profite : l'armee, etat dans l'etat, les eglises et autres Mollahs, les partis politiques nationalistes et ultra-religieux... Pour une fois, les multinationales n'en profitent guere car l'instabilite n'est pas leur tasse de the. Mais bien sur, qui en subit les consequences : les pauvres gens. On leur sert des explications rapides a la tele, dans les medias et ils y croient dure comme fer. Ils subissent le climat economique et social : pas d'investissement, pauvrete, coupures d'electricite, sous-education, non-acces a l'eau potable et aux soins...

Le Pakistan n'est pas sorti de l'auberge.

 


...
Par Maxime G. - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

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